
Très jeune, le petit Darwin se passionne pour la chasse et la pêche et collectionne des insectes, des roches ainsi que des plantes. Élevé à la campagne, il peut développer ses goûts de naturalistes. Cependant, son père tient à ce qu'il devienne médecin, comme lui. Charles commence donc, en 1825, ses études en médecine à Édimbourg. Alors que la vue du sang le rend malade et que les cris des opérés le font fuir, son père lui propose d'étudier la théologie à Cambridge. Il accepte, mais le cours ne l'intéresse pas et il consacre le reste de son temps à s'initier à la géologie et à la botanique. Darwin passe son diplôme en 1831 et serait peut-être devenu pasteur s'il n'avait pas reçu une invitation pour une expédition autour du monde. Malgré l'opposition de son père, Charles s'embarque finalement à bord du Beagle. On dira, par la suite, que "rarement un voyage aura été aussi profitable à la science." À son retour en Angleterre, en 1836, il se retire en campagne et, dans le calme, il écrit De l'origine des espèces par voies de sélection naturelle, La Descendance de l'homme et la sélection sexuelle (1871), l'Expression des émotions chez l'homme et les animaux (1872), les Mouvements et les habitudes des plantes grimpantes (1875), les Plantes insectivores (1875). Darwin, l'un des plus grands naturalistes et biologistes de tous les temps, meurt le 19 avril 1882 et est inhumé dans la cathédrale de Westminster près d'Isaac Newton.
Le Beagle lève l'ancre vers la fin de décembre 1831 et quitte l'Angleterre en direction de l'Amérique du Sud. À son bord, Darwin rédige minutieusement des notes de tout ce qu'il voit. Il doit étudier la géologie et la biologie des zones visitées. Ainsi, il décrit de nombreux paysages, des roches, des fossiles, la faune et la flore de ces régions. «Il admire la luxuriance de la végétation tropicale […]» du Brésil, «[…] escalade les Andes, découvre les étendues désertiques de la Patagonie, explore Tahiti, la Nouvelle-Zélande, l'Australie, les Maldives, l'île Maurice…». L'étape la plus importante pour l'évolution de sa pensée est celle des Galápagos, un archipel d'îles volcaniques où Charles trouve une diversité animale. Il constate que des espèces connexes vivent sur des îles différentes (et même sur le continent américain) quoique très semblables au point de vue géologique, climatique ainsi que certaines autres conditions physiques. Durant cette étape, il recueille beaucoup d'informations, mais aussi un bon nombre d'interrogations. Voici, par exemple, un extrait du journal de voyage de Charles Darwin:
«On ne trouve ni crapauds, ni grenouilles, ce qui m'a très fort surpris, car les forêts humides situées dans les parties tempérées de ces îles semblent parfaitement leur convenir. […] L'absence de la famille des grenouilles dans les îles océaniques est d'autant plus remarquable que les lézards se trouvent en quantité considérable sur la plupart des plus petites îles. Cette différence ne proviendrait-elle pas de la facilité plus grande avec laquelle les œufs de lézards, protégés par des coquilles calcaires, peuvent être transportés à travers l'eau salée, alors que le frai des grenouilles se perdrait certainement?»
Dans la suite de son voyage, il combine ses idées et en envisage plusieurs autres. Vers la fin de la 5e année de son long périple, il revient enfin en Angleterre où il n'est désormais plus un inconnu aux yeux du monde scientifique.

| 1. Départ: Plymouth 2. Îles du Cap-Vert 3. Île St-Paul 4. Île Fernando de Noronha 5. Bahia 6. Rio de Janeiro 7. Montevideo 8. Îles Falkland |
9. Valparaiso 10. Callao 11. Îles Galapágos 12. Tahiti 13. Nouvelle-Zélande 14. Sydney 15. Hobart |
16. Détroit du Roi Georges 17. Îles Cocos 18. Île Maurice 19. Le Cap 20. Ste-Hélène 21. Île de l'Ascension 22. Açores 1. Arrivée: Falmouth |
À partir des observations faites au cours de son voyage, Darwin émet l'hypothèse suivante: les espèces évoluent et forment différentes variétés. Cette pensée avait déjà été apportée par un autre scientifique nommé Lamarck. Cependant, selon Darwin, ce chercheur n'avait pas appuyé son raisonnement avec des preuves indiscutables. Il décide donc de s'acquitter de cette tâche et en 1858, il remet un abrégé de sa théorie de la sélection naturelle à la Linnaean Society de Londres.
La définition que l'on peut faire de la sélection naturelle est que c'est «une théorie postulant le maintien des variations favorables et l'élimination des variations défavorables au cours de la transmission des caractères d'une génération à la suivante.» En d'autres termes, cela signifie que les différences entres les espèces vivantes peuvent être favorables et permettront la survie de l'espèce ou défavorables et l'amèneront à son extinction. Par exemple, parmi les deux petits d'une gazelle, l'un d'eux court plus vite que l'autre. Cette différence est favorable au petit le plus rapide puisqu'elle lui donnera la possibilité de s'échapper en cas de danger et ainsi survivre aux nombreux prédateurs. Il aura donc l'occasion de transmettre ce caractère avantageux à la prochaine génération. D'après Darwin, la sélection naturelle est le principal pilier sur lequel est basée l'évolution.
Deux personnages ont particulièrement influencé Charles Darwin dans l'élaboration de sa théorie. Tout d'abord, il subit l'influence de Charles Lyell, un géologue et ensuite celle de Thomas Robert Malthus. Peu avant le départ du Beagle, Darwin prend conscience de l'idée de Lyell selon que les transformations qu'avait subies la terre avaient déjà été produites par une multitude de petites causes, notamment l'érosion des sols et l'activité volcanique. Darwin retient donc cette théorie comme plausible à condition que la terre soit très vieille. Cependant, à cette époque, on croit que la terre n'est âgée que d'environ 6000 ans.
Au retour de son voyage autour du monde, Darwin a déjà fait plusieurs rapprochements entre ses idées, mais une pièce du puzzle lui manque toujours. Il trouve finalement la pièce manquante dans l'essai d'un économiste, Thomas Robert Malthus. En 1838, dans un essai appelé Sur la population, Malthus «montre la disproportion entre l'accroissement des populations et celui des ressources alimentaires, d'où une lutte continuelle pour l'existence, la victoire restant à ceux qui présentent un avantage quelconque sur les autres.»
En adoptant ces deux théories et en y introduisant sa propre expérience, Darwin venait de donner naissance à sa théorie de la sélection naturelle. Il publiera par la suite De l'origine des espèces par voie de sélection naturelle dont les 1250 exemplaires du tirage initial furent vendus dès le premier jour.
Dans une certaine mesure, sa découverte a contribué à éliminer le mode de pensée «fixiste» des scientifiques à partir de la seconde moitié du 19e siècle. Cette croyance très populaire voulait que les animaux et les plantes ne subissaient aucune évolution. Ils avaient été créés ainsi et ils le resteraient pour toujours.
La théorie darwinienne influença grandement les recherches en biologie expérimentale. Par exemple, le moine Gregor Mendel découvrit, en 1865, les lois de l'hérédité des caractères. Selon lui, chaque caractère des individus d'une espèce était présent sous deux formes: soit dominante ou récessive. Avec les années, les travaux de Darwin et de Mendel furent améliorés suite aux différentes découvertes en génétique chromosomique, en génétique des populations, en paléontologie, en écologie, etc. Les résultats de toutes ces recherches ont donné naissance à la théorie synthétique de l'évolution. Celle-ci veut que les mutations génétiques ainsi que le «brassage des gènes» lors de la reproduction soient la base de l'évolution.
En terminant, il est important de se rappeler que Charles Darwin fut un grand homme qui, en plus d'apporter une aide précieuse à la science, bouscula les pensées bien ancrées de son époque. Il dira par la suite: «Mon principal plaisir, et ma seule occupation dans la vie, a été le travail scientifique.»
Fixisme: Théorie biologique selon laquelle les espèces vivantes ont toujours été les mêmes et n'ont subi aucune évolution depuis leur création.
Frai: Œufs de poissons, de batraciens.
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LEVY, Joseph, et Henri COHEN. Darwin après Darwin, Québec, Presses de l'Université du Québec, 1984, 202 p.
DARWIN, Charles. Voyage d'un naturaliste autour du monde, Paris, François Maspero, 1982.
Le petit Larousse illustré 1996, Paris, Larousse, 1995, 1784 p.
«Darwin - Naturaliste britannique», Vie sauvage, Encyclopédie Larousse des Animaux, vol. 2, n° 26, 1990, p. 21.
«Darwin - Naturaliste britannique», Vie sauvage, Encyclopédie Larousse des Animaux, vol. 2, n° 27, 1990, p. 21.
EXPO' 98. (Page consultée le 12 février 1998). The Ocean, a Heritage for the Future, [En ligne]. Adresse URL: http://www.expo98.pt/en/default.html
Olsen, Ms. (Page consultée le 12 février 1998). Charles Darwin and the Principle of Evolution, [En ligne]. Adresse URL: http://clab.cecil.cc.md.us/faculty/biology1/DARWIN.HTM
Rouget, Stéphane. (Page consultée le 12 février 1998). Darwin et l'évolution, [En ligne]. Adresse URL: http://users.aol.com/darwinisme/index.html
Recherche : Yannick Brouillette, Centre Le Goéland, Sherbrooke, QC
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