

En 1768, Lavoisier a vingt-cinq ans. Ses tâches administratives sont nombreuses. Il perçoit les impôts pour la Ferme générale (compagnie de perception d'impôts) et il va souvent à l'Académie de sciences pour effectuer des recherches personnelles. En 1771, il épouse la fille du directeur des Fermes Paulze, qu'il qualifiera plus tard d'épouse modèle, dotée d'une intelligence extrêmement fertile. Toujours dans cette même année, Lavoisier approfondit certaines de ses recherches et crée les fondements de la chimie moderne. En 1775, il est nommé régisseur à la régie des poudres, où il règle de nombreux dossiers.
Dans les divers postes qu'il occupe, Lavoisier manifeste les mêmes qualités: esprit critique et efficacité. Il est particulièrement actif à l'Académie, où il est chargé d'étudier des questions qu'il résout très souvent.
Entre 1768 et 1788, il s'intéresse à plusieurs causes humanitaires, telles l'amélioration de l'état des prisons, l'amélioration du rendement de l'agriculture et de l'élevage, et bien d'autres. En 1791, l'assemblée le nomme membre de plusieurs comités dont celui de la trésorerie nationale.
Toujours en 1791, c'est le début de la fin. Il est renvoyé de son poste de régisseur des poudres et assiste à l'abolition de la compagnie des fermiers généraux (employés de la Ferme générale), puis à la fermeture de l'Académie des sciences, en 1793. Le 25 novembre de cette même année, les fermiers généraux sont en état d'arrestation. Pendant trois jours, Lavoisier se cache, puis il est fait prisonnier par les autorités. Après un procès de cinq mois, les vingt-huit fermiers généraux sont condamnés devant le tribunal et guillotinés le même jour. Le 8 mai 1794, le président du tribunal déclarait: "La république n'a pas besoin de savants. Il faut que la justice suive son cours."
1- Métal --> calcination --> chaux métallique + phlogistique
2- Métal <-- addition de charbon <-- chaux métallique + phlogistique
Stahl, dans sa théorie, conserve l'eau et la terre comme éléments de la matière, tel que le veut la tradition des alchimistes, qui l'ont, eux-mêmes, puisée chez Aristote.
D'abord, il pèse tout: le phosphore et la bouteille, puis le phosphore dans la bouteille qui est hermétiquement fermée. Il met ensuite la bouteille sous une cloche de verre. À l'aide d'une grosse loupe, pour concentrer les rayons de lumière, il calcine le phosphore dont une partie s'en va en fumée et se condense en flocons. Aussitôt que le système est refroidi, Lavoisier observe et mesure le niveau du mercure qui a monté dans la cloche. Il mesure l'écart et démonte le système. La bouteille a gagné environ 0,3 gramme lorsqu'il la pèse à nouveau. Lavoisier se pose des question: "D'où vient le supplément? Vient-il de l'humidité de l'air?" Lavoisier n'y croit pas, mais il vérifie quand même. Il dilue les flocons d'acide phosphorique dans de l'eau distillée et pèse le tout, puis il pèse le même volume d'eau pure. L'écart de poids lui donne la quantité d'acide phosphorique obtenue: environ 0,6 gramme. La seule explication possible est que l'air de la cloche ait diminué. Pour en être sûr, Lavoisier refait l'expérience, mais avec du soufre. Le résultat coïncide avec celui obtenu antérieurement: l'acide vitriolique obtenu est plus lourd que le soufre et l'air a diminué. Maintenant il est convaincu, voici donc ce qu'il en conclut: "Cette augmentation de poids vient d'une quantité prodigieuse d'air qui se fixe pendant la combustion et se combine avec les vapeurs." Il élucide alors le rôle de l'air dans les réactions de combustion. L'air fournit l'oxygène à la combustion, comme nous le savons aujourd'hui.
Aidé de ses multiples qualités de scientifique, de ses instruments et de sa méthode de travail précise, Lavoisier détruira les croyances des gens et réinventera la chimie sur une toute nouvelle base; d'où la chimie moderne. Il a propulsé la chimie vers de nouveaux horizons permettant aux chimistes qui l'ont suivi de bien s'orienter dans leur science grâce à des recherches contrôlées.
Antoine-Laurent de Lavoisier a fait bien peur aux autorités de son époque en chambardant leurs croyances, c'est pour cela qu'il a été guillotiné alors qu'il n'avait que cinquante et un an. Il aurait pu faire progresser la science d'une centaine d'année, si on lui avait laissé la vie. La science était considérée comme menaçante, donc il ne fallait pas laisser un tel génie la scruter. Ainsi est mort, victime des excès de la révolution, celui qui avait reconstruit la chimie. Le lendemain de son exécution, le grand savant Louis de Lagrange regretta le geste du tribunal révolutionnaire en disant ces paroles: "Il ne leur a fallu qu'un moment pour faire tomber cette tête et cent années, peut-être, ne suffiront pas pour en reproduire une semblable."
SCHELER, Lucien. Antoine-Laurent Lavoisier, Paris, Seghers, 1964, 202 p.
VIDAL, Bernard, Histoire de la chimie, Paris, Presses Universitaires de France, 1985, 123 p.
2. Revue
Les pères fondateurs de la science, Science et Vie, hors série, numéro 14, avril 1993, 94 p.
3. Documents dans W3
Honolulu Community College. (Janvier 1996). The modern concept of element, [En ligne]. Adresse URL: http://www.hcc.hawaii.edu/hccinfo/instruct/div5/sci/sci122/atomic/skepchem/skeplavoisier.html
M.P. Kelly et P.A. Kreikemeier. Chemical revolutionary executed!, [En ligne]. Adresse URL: http://iip.ucsd.edu/step/projects95/chem.in.history/essays/lavoisier.html
Matematicas. Lagrange, Joseph Louis de, [En ligne]. Adresse URL: http://euler.ciens.ucv.ve/matematicos/lagfoto.html
Recherche : David Labonté et Josée Gingues, Centre Le Goéland, Sherbrooke, QC
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