Au cours des dernières années, les compagnies minières ont eu à subir des revers médiatiques importants à cause d'une mauvaise gestion des déchets miniers. L'ancien parc à résidus de la mine Solbec à Stratford en est un bon exemple avec ses anciennes probabilités de danger. Dans ce texte, je présenterai les parcs à résidus miniers, la possibilité d'un danger pour les lieux environnants et finalement, les mesures prises pour contrer ce problème.
D'abord, le site dont il est question, aussi appelé parc à résidus miniers, n'est pas la mine même. Son objectif est simplement d'accueillir l'enfouissement des résidus de roche (sans cuivre pour la mine Solbec) une fois la matière principale extraite. La roche en question conserve encore beaucoup de minéraux, mais en concentration trop faible pour une exploitation lucrative. Ce qui différenciait le site Solbec des autres sites est qu'il y avait quatre mines différentes qui déchargeaient et enfouissaient leurs rebuts en cet endroit, soit la mine Solbec, Cupra, Weedon et Clinton. En 1987, la compagnie a vendu tous ses actifs incluant le parc à résidus à la multinationale Cambior.
Ensuite, d'après le ministère de l'Énergie et des Ressources du Québec (maintenant le ministère des Ressources naturelles), le site représentait un risque élevé pour l'environnement. En effet, dans sa partie déjà légèrement inondée, le pH de l'eau variait de 3,0 à 3,5, soit le taux d'acidité d'une pomme (le pH de l'eau normale est de 7). On a trouvé aussi en suspens dans cette eau des minéraux tels que le zinc (3 mg/l), le cuivre (1 mg/l), le fer (10 mg/l) et une multitude d'autres métaux en concentration moins élevée. Si cette eau était restée là, tout aurait été beaucoup moins dramatique, mais un faible échappement de cette eau acide s'est produit et aurait pu s'accentuer avec les années. D'ailleurs, le problème aurait été beaucoup plus grave si la contamination s'était étendue à un point d'eau beaucoup plus grand, comme le lac Aylmer situé à moins d'une vingtaine de kilomètres de là.
La compagnie Cambior, pour contrer ces multiples dangers, a fabriqué un bassin d'eau pour la rétention des divers minéraux actifs. Pour ce faire, elle a commencé par ériger deux immenses digues, la principale mesurant 396 m de long sur 9 m de haut et la plus petite, 192 m sur 2,5 m. Pour arriver à vraiment ancrer les digues, les ouvriers ont dynamité en profondeur le roc au pied de chaque mur et ensuite, ils ont cimenté les fractures. Le noyau de chaque digue est formé de till imperméable et recouvert de géomembrane tout aussi imperméable. Pour être certain que tout cela reste bien ensemble, des couches de gravier et de perré y ont été ajoutées. Le sol du bassin quant à lui a été tapissé de chaux hydratée (Ca(OH)2), car il faut, pour neutraliser un acide, une solution alcaline qui rééquilibre le pH de l'eau à son point neutre qui est 7. En plus, pour nettoyer le faible lit des rivières qui s'écoulaient du lac, des bassins de sédimentation (au nombre de quatre) ont été creusés. Les bassins ont pour but de filtrer les minéraux encore en suspension dans l'eau, puis de rejeter dans la nature une eau presque potable. Le coût total de ce projet est approximativement de 5 millions de dollars canadiens.
Le
plan de restructuration du site semble a priori avoir de bonnes assises. En
effet, la nature reprend peu à peu ses droits. La norme ISO 14001 a
été accordée pour le système de valorisation environnementale
de cet emplacement. Le site compte maintenant plusieurs espèces d'oiseaux
et de mammifères: une héronnière de treize nids, des
chevreuils, des orignaux, des castors, un couple d'aigles à tête
blanche (l'emblème des États-Unis
) et plusieurs sortes
de canards. La végétation n'a pas beaucoup changé avec
la tenue des travaux: elle se compose de pins, d'érables, de bouleaux
jaunes et d'une plantation de sapins. Depuis 1999, les terrains qui bordent
le lac ont été vendus à un particulier, mais un suivi
environnemental se poursuit. L'endroit a un tel potentiel qu'une petite pourvoirie
est en activité autour du lac pendant l'automne. Pour préserver
les multiples oiseaux qui y vivent, l'association Canards Illimités
a installé, avec de nombreux bénévoles, des nichoirs.
Un sentier d'interprétation d'une longueur de six kilomètres
est ouvert depuis septembre 2000, mais ferme au début d'octobre dès
que les canards partent pour leur longue migration vers le sud. De plus, le
sentier est relié au réseau écotouristique de la région
de Stratford et un chalet est disponible l'été pour admirer
les beautés du lac.
Finalement, si tout le monde se décidait à multiplier ses efforts pour effacer les traces des transformations des lieux naturels, il n'y aurait plus de cas problématiques comme l'était autrefois le site de la compagnie Solbec. Avec le soin mis à son aménagement pour redonner son cachet naturel à ce terrain, la compagnie Cambior a évité des conséquences fâcheuses pour l'environnement. Le Canada a maintenant une loi adéquate pour contrer cette situation, mais qu'en est-il des pays du tiers monde, et même des États-Unis?
Bibliographie
LAROCHELLE, M., et autres. Plan d'aménagement pour le site Solbec, Sherbrooke, Université de Sherbrooke, 2000, 80 pages.
LE GROUPE COLUMBIA. (Page consultée le 17 février 2003), Cambior et Canards illimités s'associent pour mettre en valeur le site Solbe. [En ligne]. Adresse URL: http://www.cambior.com/archives/communiqu%C3%A9s/1999/francais/ducks_f.htm
ST-GEORGES, Paul. (Page consulté le 17 février 2003). Préparez-vous à une belle randonnée - Le sentier d'interprétation au site Cambior est prêt. [En ligne]. Adresse URL: http://www.infonature-at.com/archives/sept_2000.html/#anchor50362
VÉZINA, Serge, et Gail AMYOT. (Page consultée le 17 février
2003). Le suivi de la restauration par inondation au parc à résidus
minier Solbec. [En ligne]. Adresse URL:
http://sefa.asp.visard.ca/GEIDEFile/flooding-99-.htm?Archive=191938091911&File=flooding%2D99%2DF_ht
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