À 7h53, l'attaque surprise fut confirmée. Les Japonais s'en prirent à Pearl Harbor. À peine 50 minutes après que le premier avion japonais eut lancé ses bombes, le Japon déclara la guerre officielle aux États-Unis. Des milliers d'Américains furent tués et blessés contre seulement 55 aviateurs japonais et la perte de 29 avions. Les Américains se vengèrent, ils changèrent leurs stratégies en fonction du nombre de vaisseaux qui leur restaient. Ce fut un succès.
Le conflit du Pacifique se poursuivit. Le 1er avril 1942, une armée américaine débarqua à Okinawa (île de 2350 km qui s'étire du nord-est au nord-ouest sur 100 km de long et une vingtaine de large). Elle réussira à abattre la 32e armée japonaise. Le centre et le nord d'Okinawa furent conquis. Malheureusement, 60 000 japonais les attendaient. Ils barrèrent l'île d'est en ouest. Ce terrain rocheux fut un outil pour les Japonais puisque les abris abondaient (grottes, relief corallien). De plus, 47 cm de pluie tombèrent en 17 jours pour transformer la glaise en boue liquide qui s'infiltra partout. Les Américains furent alors en difficulté et tout dut se faire à dos d'hommes, qui étaient encombrés par la boue qui les faisait s'enfoncer jusqu'aux genoux et se blesser en glissant sur les coraux.
Toujours en avril, un groupe de l'armée japonaise coula et rendu inutilisables 15 bâtiments américains. Plusieurs autres subirent de graves dommages. Les pertes trop importantes fit que la U.S. Navy pressa l'armée de terre d'en finir. Mais une fois de plus, le temps ne fit qu'aggraver la situation. La pluie redoubla d'intensité et le Japon fut avantagé. Heureusement, l'héroïsme finit par être récompensé. Les Japonais durent retraiter. La conquête d'Okinawa achevait. Les pertes furent impressionnantes. Beaucoup de navires de débarquement lance-fusées furent coulés ainsi que des navires de transport rapide ou de débarquement et des "destroyers" furent irréparables. Par chance pour les Américains, le matériel de l'autre camp fit de plus en plus défaut. Il y eut de moins en moins de volontaires. Les nouveaux venus étaient des étudiants dans l'ensemble. Ils n'avaient pas l'expérience des autres et les accidents furent nombreux. Le 21 juin, Okinawa fut conquise et les vaincus se préparèrent à mourir. L'état-major impérial transmit à Tokyo: "Nous avons épuisé toutes les ressources de nos techniques, de nos tactiques et de notre stratégie".
La bataille d'Okinawa n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. L'armée américaine prit, un par un, les archipels près de la côte du Japon. Au printemps 1945, les États-Unis préparèrent un assaut en sol japonais. Des bombardements massifs furent effectués sur Tokyo. L'armée américaine mobilisa 5 millions d'hommes pour envahir le Japon.
Le 1er juin 1945, une série de propositions furent faites au président américain, Harry Truman, successeur de Roosevelt. Parmi ces propositions, on y retrouvait celle d'utiliser la bombe nucléaire contre le Japon, le plus tôt possible, sans avertissement, sur une cible très peuplée et d'importance militaire. Cinq villes furent alors désignées: Kyoto, Hiroshima, Kokura, Niigata et Nagasaki. Kyoto sera par la suite rejeté puisque c'était l'un des grands centres historiques du Japon.
Le chiffre d'un million de victimes américaines à prévoir fut avancé pour l'invasion du Japon. Les Japonais à ce moment, comme les Allemands hier, seront les seuls responsables de la foudre qui s'apprêtait à s'abattre sur leur pays. Les Japonais ne pourront guère se plaindre de ne pas avoir été prévenus.
Lorsque le président des États-Unis fut mis au courant de l'essai nucléaire de Trinity, il participait à la conférence de Potsdam. Il communiqua les résultats à Staline et celui-ci répondit qu'il était content de le savoir et qu'il espérait que les États-Unis en feraient un bon usage contre les Japonais. Ainsi, le président des États-Unis, le président du gouvernement national de la République Chinoise, et celui de la Grande-Bretagne conférèrent et décidèrent d'un commun accord de donner au Japon une possibilité de terminer la guerre. Dans l'ultimatum, ils demandèrent aussi l'abdication de l'empereur. Malheureusement, les Japonais rejetèrent l'ultimatum le 28 juillet 1945. Les États-Unis n'eurent d'autre choix que de respecter les conséquences d'un refus. La déclaration de Potsdam disait que si les Japonais s'obstinaient à poursuivre la guerre, les Américains jetteraient dans la bataille toute leur puissance militaire soutenue par une volonté inébranlable, ce qui aboutirait à l'inéluctable et total anéantissement des forces armées japonaises et à la destruction tout aussi inéluctable et totale du Japon lui-même. Le 30 juillet 1945, Truman rédigea à l'intention de son secrétaire: "Suggestions approuvées. Lâchez la bombe dès que vous serez prêts, mais pas avant le 2 août."
Les préparatifs de "Little Boy" s'accélérèrent. Après 3 jours de mauvais temps, la température fut enfin favorable. Le beau temps fut annoncé pour les prochains jours. Mais les vents au-dessus du Japon peuvent changer rapidement. Comme de fait, les vents et les nuages capricieux placeront Hiroshima en tête, c'est-à-dire victime de la première bombe atomique…
