Temps de l'atome

 

Niels Bohr

par Lysanne Beaudoin

Niels Bohr est né à Copenhague, le 17 octobre 1885, d'une famille de trois enfants. Son père, Christian Bohr, était professeur de physiologie. C'est en 1903 que le jeune Niels entra à l'université où ses professeurs remarquèrent vite sa passion pour les mathématiques et pour la physique. Un peu plus tard, il reçut l'autorisation de travailler à Manchester, où les physiciens étaient préoccupés par les conséquences du nouveau modèle de l'atome conçu par Rutherford.

Après des journées de travail acharné, Niels Bohr termina, à Copenhague, son travail sur le modèle de l'atome qu'il avait commencé à Manchester. Il l'envoya à Rutherford pour approbation. Ce dernier, conscient du fait qu'il avait précédemment, à tort, découragé Bohr de faire preuve de manque d'originalité, lut le manuscrit très soigneusement. Une fois encore, les deux hommes engagèrent, par correspondance, une discussion passionnée. Bohr décida de se rendre à Manchester pour défendre sa théorie. Devant l'insistance de Niels Bohr, Rutherford finit par approuver ses idées et il déclara même un jour: «Ce jeune Danois est l'homme le plus intelligent que j'aie jamais connu».

Après un nouveau séjour d'un an à Manchester, Niels Bohr retourna au Danemark au cours de l'été 1916, où il fut nommé professeur de physique à l'université de Copenhague. Une aide financière lui fut alors accordée pour édifier un institut de physique théorique qui porte aujourd'hui son nom et qui est devenu un centre de recherche renommé. Dès 1922, Bohr conçut le modèle de noyau composé pour les réactions nucléaires ainsi que le modèle de la goutte liquide. Ces modèles eurent une grande importance pour le développement de la physique nucléaire. En janvier 1939, il fut le premier à apporter, aux États-Unis, la découverte de la fission. Avec Wheeler, il en fit la première théorie quantitative.

L'étude de l'hydrogène

Bohr a fait une étude sur la constitution de l'atome, plus particulièrement sur l'hydrogène. Il déduisit que l'électron tournant sur une orbite est soumis à une accélération et doit, par conséquent, rayonner, ceci lui ferait perdre de l'énergie et se rapprocher du noyau. Ce que Niels a observé, c'est qu'un atome stable n'émet pas de rayonnement. Il supposa que lorsqu'un électron libre se lie à un noyau, un photon monochromatique (grain de lumière) est émis. L'état qui en résulte peut être l'état fondamental de l'atome, celui qui est le plus stable ou l'état excité, si l'électron est retenu sur une orbite supérieure. Bohr supposa que l'électron, dans son orbite autour du noyau, se trouvait ainsi dans un état stationnaire. Il introduisit les idées de quantification de Max Plank et d'Albert Einstein, selon lesquelles l'énergie d'un rayonnement est égale à sa fréquence de vibration multipliée par ce qu'on appelle la constante de Plank. Bohr fit ainsi l'hypothèse que seuls certains états de mouvement et certaines énergies de liaison sont permis pour un électron dans un atome, on dit qu'ils doivent correspondre à un moment cinétique. On dit qu'un tel moment cinétique est quantifié, c'est-à-dire qu'il ne peut avoir que certaines valeurs définies. Il est alors représenté par un nombre quantique. Le jeune théoricien en déduisit également que l'atome n'émettait un rayonnement de fréquence bien définie que lorsqu'un électron changeait d'état de mouvement et donc d'énergie de liaison. La quantification du mouvement et des énergies conduit alors à la quantification et à la spécificité des propriétés atomiques. Le modèle de Bohr reçut une brillante confirmation expérimentale par son accord avec le spectre de raies observées pour l'hydrogène. Le modèle fut complété et perfectionné par la suite.

L'atome de Bohr

Bohr admit, en 1913, que les électrons sont disposés dans des couches bien déterminées, à une distance relativement importante du noyau. La disposition de ces électrons est la configuration électronique de l'atome. Le nombre d'électrons est égal au numéro atomique de l'atome. Un atome peut contenir jusqu'à sept couches d'électrons, chacune d'elles pouvant accueillir un nombre déterminé d'électrons. La septième couche d'électrons n'est complète pour aucun des éléments existant à l'état naturel. Globalement, plus le niveau d'énergie est élevé, plus les électrons concernés sont éloignés du noyau. Les électrons du dernier niveau d'énergie, ou à la couche de valence, sont responsables des propriétés chimiques de l'élément.

 

Bibliographie

ASIMOV, Isaac. L'univers de la science, Paris, InterEditions,1986, 941 p.

RADVANYI, Pierre, et Monique BORDRY. La radioactivité artificielle, Paris, du Seuil, 1984, 231 p.

RADVANYI, Pierre, et Monique BORDRY. Histoires d'atomes, Paris, Belin, 1988, 255 p.

«Atome». Encyclopédie Microsoft Encarta 98 [CD-ROM]. Microsoft Corporation, 1997.