Découvertes et inventions qui ont changé le monde...


par Geneviève Roy

Historique

L'anesthésie n'a que 153 ans et constitue une des plus grandes découvertes de la médecine moderne. Pendant des siècles, les médecins ont cherché à atténuer les douleurs de leurs patients et surtout à les contrôler pour éviter les gestes brusques, qui pourraient faire dévier leur bistouri et coûter la vie aux pauvres opérés.

Les Aztèques utilisaient le peyotl, une plante narcotique euphorisante. Les Chinois de la même époque recouraient au haschisch et à l'opium et les chirurgiens de la Renaissance proposaient le vin de Mandragore. Plus expéditifs, les Assyriens provoquaient un coma par la compression des deux artères carotides.

Dans l'Antiquité, on utilisait des potions narcotiques contenant ce que nous appelons maintenant des drogues, de l'alcool plongeant l'amputé dans un demi-sommeil, de la glace capable d'atténuer localement la sensation de la douleur. Beaucoup plus tard sont apparus les anesthésiques généraux comme le protoxyde d'azote, découvert en 1844 par Horace Wells, l'éther, découvert à la même époque par un chimiste du nom de Jackson. En 1847, on comptait déjà une soixantaine de machines capables de doser l'éther et le protoxyde d'azote. En 1884, on utilisa la cocaïne comme premier anesthésique local en médecine dentaire et en chirurgie, et en 1905, on a eu recours à la novocaïne.

        

Scientifique

L'anesthésie générale endort complètement le patient, qui ne ressentira aucune douleur durant son opération et qui à son réveil n'aura aucun souvenir de ce qui vient de lui arriver. L'anesthésie locale consiste en une insensibilisation de la zone à opérer par injections locales et à supprimer la sensation de douleur. Elle est réservée à des opérations simples et n'implique que quelques heures d'hospitalisation. Le patient est parfaitement conscient, mais ne ressent aucune douleur.

L'action des médicaments est brève, donc le patient peut repartir immédiatement après l'opération. Différents procédés techniques permettent selon les cas de traiter une douleur chronique intolérable, d'opérer ou d'accoucher en toute tranquillité. La sensibilité douloureuse est bloquée par des agents qui sont souvent injectés par voie sous cutanée ou au contact d'un nerf ou dans le canal rachidien. Elle supprime très bien la douleur, mais pas la sensation due au travail du chirurgien. Les molécules qui sont injectées interrompent la conduction neuronale en «bloquant» les mouvements transmembranaires. Elles agissent sur toutes les cellules excitables: cardiaques, cérébrales. La profondeur de l'anesthésie dépend de la concentration de médicaments obtenue dans les tissus nerveux ou dans le plasma. Pour chaque médicament anesthésique, il y a une concentration minimale efficace. La disparition des molécules anesthésiques du lieu de leurs actions se fait soit par redistribution dans les tissus voisins ou dans le sang. La décroissance de la concentration des anesthésiques est exponentielle en fonction du temps. Il faut toujours être à jeun avant une anesthésie, car il pourrait y avoir un risque de vomissement et d'inhalation des sécrétions digestives lors de l'induction ou lors de la phase de réveil, due à l'anesthésie générale, avec parfois des conséquences sérieuses.

Impacts sur la société

La découverte de l'anesthésie a permis de pratiquer des opérations qui n'auraient pu être faites sur des sujets conscients, comme l'ablation d'organes malades et a augmenté considérablement la qualité des soins.

De plus en plus, nous nous dirigeons vers des opérations qui seront faites seulement par anesthésie locale, car cette sorte d'anesthésie est idéale puisqu'elle n'endort qu'une partie du corps et respecte la conscience. Le patient part après l'opération, donc il ne reste pas longtemps à l'hôpital, ce qui ne bloque par des lits pour rien.

 

Bibliographie

GENEST, Françoise. «Anesthésie : des histoires à dormir debout», Le Journal de Montréal, 5 mars 2000, p.34.

Cégep de Baie-Comeau. (Page consultée le 6 mars 2000). La benzocaïne, [En ligne]. Adresse URL : http://cegep-baie-comeau.qc.ca/chimie/projet3/page8.html

Info-patient. (Page consultée le 3 mars 2000). Réponse 05, [En ligne]. Adresse URL : http://www.veinsurg.com/French/Patient/FAQ05.htm

Visicom Media inc. (Page consultée le 24 mars 2000). GoGraph.com, [En ligne]. Adresse URL: http://fr.gograph.com/


Validation du contenu: Annette Latour-Briand
Révision linguistique : Annette Latour-Briand

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