Cher petit-fils Nobélium,
En lisant son journal ce matin, grand-papa est tombé sur une petite fable qui lui a fait penser à toi. Lis-la bien attentivement et essaie de comprendre le message qui se cache derrière.
Il était une fois en 1957 ou en 1958, on ne se rappelle plus très bien, quatre scientifiques, Ghiorso, Walton, Keland et Seaborg, qui avaient un petit laboratoire au beau milieu de la vallée. Un jour où ils n'avaient rien à faire, ils décidèrent de tenter une nouvelle expérience. Ils bombardèrent des isotopes de Curium avec des ions de Carbone. Le résultat fut fantastique: ils venaient de créer un élément que l'on ne retrouvait pas dans la nature. Mais comment nommer cet élément métallique radioactif dont la demi-vie n'est que de 1,7 minute (No-253)? Après mûre réflexion, ils décidèrent de rendre hommage à l'inventeur et philanthrope suédois, Alfred Bernhard Nobel, et ils le nommèrent Nobélium.
Plus les secondes passaient, plus Nobélium vieillissait. Il eut bientôt sa place dans le tableau périodique des éléments. On lui donna le numéro 102 et le surnom No et on lui attribua même une famille: celle des Actinides. Plus il grandissait, plus il avait de belles propriétés physiques. Elles le regardaient toutes. Il était solide à la température de la pièce et avait une masse atomique relative de 259,1009 u. Il les faisait toutes craquer avec sa haute température de fusion de 1 110 K et ses 11 isotopes dont la masse s'étendait de 250 u à 259 u. Il avait un potentiel d'ionisation de 6,42 V et 1,3 d'électronégativité. Malgré toutes ses belles propriétés, Nobélium était triste car ses pères ne lui avaient trouvé aucune utilité.
Nobélium avait toujours voulu être un autre élément. Il aurait bien aimé pouvoir servir à quelque chose. Il n'avait rien à envier à son frère Uranium (U) numéro 92 de la même famille qui était beaucoup moins beau. Pourtant il aurait tout donné pour vivre aussi longtemps et avoir autant d'utilités. Uranium était plus vieux que lui. Il avait été obtenu pour la première fois par un dénommé Peligot en 1841. Il avait une masse atomique de seulement 238,0289 u. Certes, il avait 17 isotopes dont 3 naturels, mais leur étendue de masse de 226 u à 242 u était plus faible que la sienne. Mais ce qui rendait Nobélium jaloux, c'est qu'Uranium avait plusieurs utilités. Il pouvait par exemple servir pour la combustion nucléaire ou pour fabriquer des bombes atomiques. Et il pouvait vivre beaucoup plus longtemps que lui: sa demi-vie était d'environ 4,46 x 109 s.
Nobélium essayait de se consoler en se disant qu'Uranium n'était pas beau, car en effet il était blanc argenté, ternissant au contact de l'air en se recouvrant d'une couche d'oxyde. Mais rien à faire, il était toujours aussi triste. Quelques secondes plus tard, il mourut. Il avait passé toute sa petite vie à envier son frère, et il n'avait même pas profité de ses belles propriétés.
Grand-papa espère que tu as réalisé ce qu'il a voulu te faire comprendre par cette fable: dans la vie, il ne faut pas s'apitoyer sur son sort!
Bisou,
Grand-Papa Mendeleïev
Bibliographie«Nobélium». Encyclopédie Microsoft Encarta 98 [CD-ROM]. Microsoft Corporation, 1997.
«Nobélium». Tableau périodique interactif [CD-ROM]. CD-CHIMIE, Version 1.5a, Edusoft, 1995.
«Uranium». Tableau périodique interactif [CD-ROM]. CD-CHIMIE, Version 1.5a, Edusoft, 1995.
Fleishman, Stephan. «Nobélium». 1995 Grolier Multimedia Encyclopedia [CD-ROM]. Version 7.05, Grolier Electronic Publishing inc., 1995.
Bentor, Yinon. (Page consultée le 19 novembre 2000). Periodic table: Nobelium, [En ligne]. Adresse URL: http://www.chemicalelements.com/elements/no.html
Cégep de Saint-Laurent . (Page consultée le 18 septembre 2000). Nobélium, [En ligne]. Adresse URL: http://www.cegep-st-laurent.qc.ca/depar/chimie/element/nobelium.html
Roux, Paul. (Page consultée le 18 septembre 2000). Nobélium, [En ligne]. Adresse URL: http://www.emse.fr/CPGE/~102.htm
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Recherche : Sarah Cameron, Centre Le Goéland, Sherbrooke (Québec), CANADA.
Validation du contenu : Marc Richard
Révision linguistique : Béatrice Migneault

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