
Bien le bonjour cher Étain,
La nuit dernière, je n'avais pas sommeil. J'ai laissé aller mon imagination... Je t'envoie le conte qui a doucement émergé de ces heures d'insomnie. Je l'ai appelé Plomb au pays des merveilles. Il parle de toi et de moi.
Il était une fois, au pays de la 4e famille, un élément nommé Plomb. Plomb travaillait avec Étain au service de ses maîtres les humains pour leur rendre la vie plus facile. Plomb et Étain se sentaient très seuls, car ils ne savaient ni l'un ni l'autre qui les avait mis au monde. Plomb se faisait beaucoup taquiner par Étain, il l'appelait Pb. Quand Plomb sentait que ça suffisait, il atteignait le 2023 K et bouillait de rage. Étain prenait beaucoup plus de temps à se fâcher, car il bouillait à 2876 K.
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Plomb et Étain travaillaient très bien ensemble, même s'ils ne se ressemblaient pas beaucoup. Tous les deux, à la température de la pièce, étaient toujours à l'état solide. Plomb se sentait fier de son impressionnant numéro atomique (82) tandis qu'Étain se vantait plutôt de son nombre important de petits jumeaux (10), pendant que Plomb se taisait parce qu'il n'en avait que 4. Plomb et ses jumeaux faisaient environ 0,014 % de la population de la croûte terrestre. Plomb avait quatre petits anges gardiens qui tournaient autour de lui. Les humains appelaient cela des électrons.
Plomb faisait un peu d'embonpoint, car sa masse atomique (207,2 u) était de beaucoup supérieure à celle d'Étain qui était de 118,69 u. Les humains devenaient très malades quand ils buvaient de l'eau dans laquelle Plomb était présent. C'était sa façon à lui d'indiquer à ces géants de chair qu'il n'aimait pas beaucoup l'eau. Plomb était absorbé dans le sang des humains et se déposait dans les os et les autres tissus. Il aimait jouer de mauvais tours aux humains. Il leur causait un manque d'appétit, des douleurs abdominales, de la constipation, de la fatigue, de l'irritabilité, des maux de tête et les empêchait de dormir.
Il adorait les rayons X. Il en raffolait tellement que ceux-ci n'avaient même pas le temps de le traverser avant qu'il ne les ait éliminés. Il entrait dans la composition de murs, fenêtres et recouvrements contre la radiation. Il aimait se vanter de ses utilisations auprès d'Étain et celui-ci se vantait des siennes, un peu moins héroïques.
Les grands géants vêtus de toges blanches l'appelaient souvent «Plumbum». Plomb était un métal de solubilité très basse, mais lorsque les humains le mettaient dans de l'acide nitrique, il devenait soluble. Plomb avait beaucoup de moyens de défense, dont l'un était de revêtir un superbe manteau verdâtre pour contrer l'effet de l'incroyable acide sulfurique. M. Plomb aimait aussi avoir des massages électriques. Ainsi, présent sous la forme de fusibles, il en prenait plein la gueule!
Plomb n'aimait pas du tout être malmené dans un moteur d'automobile. Pour cela, il en ressortait dans un état tout polluant. Les hommes l'enlevèrent donc de leurs bêtes d'acier et, pour lui montrer qu'ils n'avaient pas besoin de lui, ils le remplacèrent par de l'essence sans Plomb. Plomb, qui avait une très grande résistance à la corrosion, faisait bon ménage avec les autres éléments formant alors de bons alliages.
Les humains avaient d'étranges coutumes qui consistaient à projeter une petite quantité de notre M. Plomb vers un oiseau. Celui-ci mourait sur le coup et tombait sur le sol. Puisque Plomb aimait bien les oiseaux, il se vengeait en contaminant la viande pour que les humains arrêtent de l'utiliser à cette fin.
Quand le temps fut finalement venu de fonder un foyer, Plomb choisit Soufre. Cette association forma tout un couple (PbS)! Plomb était si heureux de ce lien ionique qu'il donna 2 électrons à Soufre, même s'il n'en possédait que 4 sur son dernier niveau. Il gardait ceux-ci en souvenir de son célibat. Les humains appelaient ce type de famille, la galène. C'était la source mondiale la plus importante de notre ami Plomb. Les humains brisaient souvent les pauvres petits coeurs de Plomb et de Soufre (PbS). Effectivement, ils les mettaient dans de grands fours et les grillaient à 700 °C jusqu'à ce que séparation s'en suive.
Voilà donc ce qui termine mon histoire, j'espère que tu l'a aimée… et surtout, fais-moi gaffe!
Plomb, l'insomniaque
Bibliographie
SARGENT-WELCH. Tableau périodique des éléments, a vwr company, 1996. «Plomb». Encyclopédie Microsoft Encarta 98 [CD-ROM]. Microsoft Corporation, 1997. «Plomb». Axis : L'encyclopédie Multimédia Hachette [CD-ROM]. Version 1.01.00, © Le livre de Paris - Hachette, 1993. Bibeau, Michel. (1997, Septembre). «Le plomb est bel et bien banni». Le Droit [CD-ROM]. Actualité/Québec, Version 3.36, Outremont, CEDROM-SNi, Juin 1996. Delisle, Sylvie, et Claude Delisle. (1993, Janvier). «Plomb». Banque de données sur les éléments [CD-ROM]. CD Sciences - Banque de textes scientifiques, Version 3.36, Outremont, CEDROM-SNi, Juin 1996. Environnement Canada. (Page consultée le 22 septembre 1998). Envirofaits - Le plomb, [En ligne]. Adresse URL: http://atlenv.bed.ns.doe.ca/french/epb/envfacts/leadfr.html Santé Canada. (Page consultée le 22 septembre 1998). Votre santé et vous - Le plomb et la santé humaine, [En ligne]. Adresse URL: http://www.hc-sc.gc.ca/ehp/dhm/catalogue/generale/votre_sante/plombhum.htm
Recherche : Gabriel Cloutier, Centre le Goéland, Sherbrooke (Québec), CANADA.
Validation du contenu : Marc Richard
Révision linguistique : Geneviève Arvisais

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