En bas!

Rubidium

par Sophie Roberge



Bonjour cher Iode!

Comment vas-tu? Moi, je vais très bien. Aujourd'hui, j'ai décidé de t'écrire afin de t'énumérer quelques unes de mes propriétés, car il y a peut-être des choses que tu ignores en ce qui me concerne. Pourquoi ne pas commencer par mon enfance? J'ai été découvert par Robert Bunsen et Gustav Kirchoff en 1861 dans le plus beau pays d'Europe, l'Allemagne. Je commence à me faire vieux : j'ai 136 ans. Une analyse spectrale d'un minerai, le lépidolite, (ce dernier renferme environ 1,5 % de moi) a permis cette découverte. Il n'est pas surprenant qu'ils m'aient découvert dans un minerai, car je suis le 23e élément le plus abondant dans la croûte terrestre. On ne me trouve pas dans des gisements importants, mais je suis souvent associé à d'autres métaux alcalins dans les minerais tels la carnallite et la pocullite. J'apparais aussi en petites quantités dans certaines eaux minérales. On me rencontre également en faible quantité dans le thé, le café, le tabac et dans certaines autres plantes.

Quoi de mieux pour me reconnaître qu'une bonne description physique et chimique? Comme tu le sais, je m'appelle Rubidium, mais tout le monde me surnomme Rb comme le suggère le tableau périodique. Je suis un élément métallique de couleur blanc argenté, malléable et très mou. Étant donné que je possède seulement un électron de valence, je fais partie du groupe 1A, plus communément appelé la famille des alcalins. Quand je pratique un sport d'équipe, je porte toujours le numéro atomique 37. Cela me représente très bien, car je suis constitué de 37 électrons, 48 neutrons (85-37 = 48) et 37 protons. Malgré le fait que je sois constitué d'autant de particules, je ne suis pas si lourd que ça. Ma masse atomique n'est que de 85,4678 u, mais pour un élément, je commence à me faire gros. Mon rayon atomique covalent est 216 pm (10-12 m). En raison de ma grosseur et de ma famille, je me fais facilement voler mon électron de valence comme le prouve mon électronégativité (Pauling) de 0,8. Comme tous les autres éléments du tableau périodique, je change de phase selon la température. À la température de la pièce (20 degrés Celsius), je suis à mon état solide. À ce moment, ma masse volumique est de 1,53 g/ml. Mon point de fusion (l'étape où je passe de l'état solide à l'état liquide) se situe à 39,3 degrés Celsius. À 688 degrés Celsius se situe mon point d'ébullition (l'étape où je passe de l'état liquide à gazeux). Quand on me retrouve dans la nature, je m'appelle Rubidium naturel. Je suis en réalité un mélange de 2 isotopes : Rubidium-85 (72,17 %) et Rubidium-87 (27,83 %). Quand je me transforme en Rubidium-87, je deviens radioactif (émetteur B, demi-vie 50 000 années) .

Quand je regarde les humains former des liens d'amitié, ça me fait rire, car je préfère former des liens ioniques. Comme je n'ai qu'un seul électron de valence, il m'est facile de tisser des liens avec ceux qui en ont sept. Le meilleur exemple est quand je me lie à toi, mon cher Iode. Je te donne mon électron de valence afin que tu combles ton manque. Tu sais comme moi que quand nous sommes ensemble, nous formons de l'iodure de rubidium plus communément appelé RbI.

Je possède un caractère très spécial. Je ternis et m'enflamme à l'air pour former de l'oxyde de rubidium. Je réagis violemment à l'eau. J'ai un comportement physique et chimique semblable à celui de mes comparses Sodium et surtout Potassium. Malgré tout, je suis le plus réactif de ces derniers.

Devine quoi? Il y a quelque temps de cela, j'ai aidé la science à faire un pas de géant. Depuis des années, les physiciens essaient de se rapprocher le plus près possible du zéro absolu (-273,15 degrés Celsius ou 0 Kelvin). En 1990, les scientifiques de l'école normale supérieure en France ont réussi à refroidir un gaz d'atomes de césium à 2,5 millionièmes de degré (2,5 microkelvins) du zéro absolu. Tu me connais, je suis jaloux comme pas un, alors je me suis mis à la poursuite du record. Dernièrement, une équipe américaine, avec à sa tête Éric Cornell, m'a propulsé en avant-plan. Je me suis approché à seulement 35 milliardièmes de degré (35 nano-kelvins) du zéro absolu, mettant ainsi en évidence un nouvel état de la matière décrit en 1924 par Einstein et appelé «condensat de Bose-Einstein». Que j'aime ça la célébrité!

Savais-tu qu'on se sert de moi dans plusieurs utilisations scientifiques? Ma vitesse de désintégration radioactive en tant que Rubidium-87 peut être utilisée dans la détermination de l'âge géologique. Je suis utilisé comme substance servant dans les tubes électroniques ainsi que dans certains lasers. Je peux même servir dans la fabrication de certains catalyseurs et de cellules photoélectriques. Je suis très content de pouvoir servir autant que ça, sinon la vie serait longue et ennuyante.

Je crois que je vais te laisser, on a encore besoin de moi. Au plaisir de créer un nouveau lien avec toi prochainement.

À bientôt ,

Ton ami
Rubidium

Bibliographie

Angereau, Jean-François. (1995, Avril). «Vers le zéro absolu». Le Devoir [CD-ROM]. Actualité/Québec, CEDROM-SNi, Version 3.89, Outremont, Juin 1995.

«Alcalins». Encyclopédie Microsoft Encarta 97 [CD-ROM]. © & ® 1993-1996, Microsoft Corporation, 1996.

«Rubidium». Axis : L'encyclopédie Multimédia hachette 1993 [CD-ROM]. Version 1.01.00,© Le livre de Paris, Hachette, 1993.

Cégep de St-Laurent. (Page consultée le 18 septembre 1997). Tableau périodique des éléments, [En ligne]. Adresse URL : http://www.cegep-st-Laurent.qc.ca/depar/chimie/element/rubidium.html

Recherche : Sophie Roberge, Centre Le Goéland, Sherbrooke, QC



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Page mise à jour : le 25 novembre 1997
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