Monsieur Hélium
Colonne 18
Ligne n° 1
HéliumlandMonsieur le Directeur de Ballonland
Le 11 avril 2006, à Héliumland
Monsieur le Directeur,Je vous écris pour répondre à votre annonce d’embauche. En effet, je suis tout à fait qualifié pour cet emploi de gonfleur de ballons. J’ai appris que mon concurrent Dioxygène vous avait contacté. Il faut savoir que contrairement à cet élément, je possède toutes les qualités requises pour ce travail.
Tout d’abord, c’est en 1868 que deux astronomes, le Français Jules Janssen et l’Anglais Joseph N. Lockyer découvrirent indépendamment la présence de raies dans le spectre lumineux du Soleil. À la suite d’une étude menée en collaboration avec Edward Frankland, convaincu que j’étais un élément nouveau, Lockyer m’appela Hélium par référence au grec «Hélios» qui veut dire Soleil. Je vous laisse le soin de faire un petit calcul afin de trouver mon âge. En revanche, mon rival Oxygène a été découvert en 1774. Etant plus jeune que lui, je suis donc plus performant pour cet emploi de gonfleur.
Je suis un gaz rare puisque j’habite dans la colonne 18 à la ligne n° 1. Par contre, on peut dire de moi que je suis rare dans notre atmosphère, mais abondant sur le Soleil. Mon numéro atomique est 2. Dans mon état le plus fréquent, j’ai 2 protons, 4 nucléons et 2 protons. Ma configuration électronique est K2. Par contre, Oxygène n’est pas un gaz rare . Il est dans la ligne 2 et la colonne 16. Son numéro atomique est 8. Le fait que je sois rare est un atout pour votre entreprise. Cet emploi est donc fait pour moi.
D’autre part ma masse atomique est de 4,0 g/mol. Aussi, ma densité n’est que de 0,1664 à 20 °C, alors que celle d’Oxygène est de 1,105 à 20 °C. Donc, avec moi vos ballons ne resteront pas au sol: ma densité leur permettra de s’envoler et ils feront la joie des enfants. Ceci n’est pas le cas de mon concurrent Oxygène. Aussi, je suis plutôt solitaire. Il est vrai que ma seule couche électronique est remplie, ce qui rend très difficiles les réactions avec d’autres éléments. Mon travail n’en est cependant que plus approfondi. Je peux tout de même réagir avec des collègues de confiance comme Néon ou Hydrogène. À propos, 3 de mes noyaux à l’état normal s’associent pour former un noyau de carbone.
Je vous informe que je suis très difficile à liquéfier et à solidifier à des pressions atmosphériques ordinaires. Je me solidifie à – 272,2 °C et je bous à – 268,9 °C. Ces températures près du zéro absolu sont très difficiles à obtenir. De plus, vous aurez remarqué que la différence de température entre mon ébullition et ma liquéfaction est faible. Ces propriétés me rendent très utile comme réfrigérant ainsi que pour obtenir et mesurer des températures proches du zéro absolu. Toutefois, on peut également me trouver sous forme fossile dans des poches de gaz naturel de quelques gisements pétroliers dans certaines régions des USA, d’Algérie et de Pologne. On peut alors m’extraire à l’aide de forages profonds dans le sous-sol. Je serai donc toujours présent. Si vous m’embauchez, vous n’aurez pas de mal à me trouver.
De plus, à une température légèrement supérieure au zéro absolu, je me transforme en Hélium II, également appelé Hélium superfluide. Dans ce cas précis, je suis un liquide qui possède des propriétés physiques uniques: je n’ai pas de température de fusion et je passe facilement à travers les fissures de très petites dimensions et monte même le long des parois du récipient qui me contient. Ainsi, Hélium III, mon isotope le plus léger, de masse atomique 3, a une température d’ébullition encore plus basse que la mienne.
Enfin, je suis souvent engagé pour soulever les aérostats. Je suis utilisé pour renforcer la structure des fusées avant le décollage.
C’est vous dire si j’ai de l’importance. D’après les scientifiques on pourrait m’utiliser comme échangeur de chaleur dans les réacteurs nucléaires car je reste chimiquement inerte et je suis non radioactif. Je suis utilisé comme gaz de soudure des métaux légers, tels que les alliages d’Aluminium et de Magnésium qui, autrement, s’oxyderaient. En effet, je protège les parties chaudes d’une réaction avec l’air. Je suis également demandé pour remplacer Azote dans l’atmosphère synthétique respirée par les plongeurs des grandes profondeurs. Cette atmosphère synthétique est utilisée en médecine pour soulager les victimes de difficultés respiratoires. En chirurgie, mes rayons ionisés se sont révélés efficaces dans le traitement de tumeurs oculaires. Mes capacités ne s’arrêtent donc pas à celle de gonfleur de ballons.
Dans l’attente de votre réponse, veuillez accepter mes salutations les plus distinguées.
Monsieur Hélium dit He
L’élément 2 de la colonne 18
P.-S. : Pour plus de renseignements, vous pourrez contacter mon ancien patron américain. En effet, pour la mission lunaire Apollo, le remplissage en carburant de la fusée américaine Saturne a nécessité ma présence en quantité de 500 000 m3.
Je joins une photographie de ballons que j’ai moi-même gonflés.
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Bibliographie
Encyclopédie Axis, Paris, Hachette, 1993, 3 vol.
Grand dictionnaire encyclopédique Larousse, Paris, 1993, 10 vol.
«Hélium». Encyclopédie Microsoft Encarta 2000 [CD-ROM]. Microsoft Corporation, 1999.
«Oxygène». Encyclopédie Microsoft Encarta 2000 [CD-ROM]. Microsoft Corporation, 1999.
Recherche : Estelle M. et Laura M., Lycée Léonard de Vinci, Monistrol sur Loire (Auvergne), FRANCE
Validation du contenu : Marie Bressan
Révision linguistique : Alain Bodescher

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