

Henri Moissan est né en France en 1852 et est décédé à Paris en 1907. Ce chimiste a été le premier à isoler le fluor en 1886 à l'aide d'une de ses propres inventions, le four à arc électrique. Ce professeur de chimie a changé à jamais notre façon de vivre avec ses découvertes.Étant professeur de chimie à l'école supérieure de pharmacie, qui porte maintenant son nom, Henri Moissan connut ses plus grands jours lorsqu'il découvrit l'élément "fluor". Il réussit pour la première fois à l'isoler le 26 juin 1876 . À l'aide de son four électrique qu'il avait lui même mis au point, il parvint aussi à isoler plusieurs métaux comme : l'uranium, le vanadium et le tungstène. En plus, M. Moissan arriva, lors d'autres types d'expériences, à faire des diamants synthétiques. Il ne reçut son prix Nobel de chimie qu'en 1906 alors qu'il avait déjà trois notes à l'Académie des Sciences, (le 28 juin 1886, le 19 juillet 1886 et le 26 juillet 1886).
Moissan était aussi un grand collectionneur d'art, il s'intéressait surtout à la peinture. En 1986, en son honneur, on émit un timbre à l'occasion du centième anniversaire de l'isolement du fluor. De plus, deux timbres sont à son effigie en Suède et un, au Togo.
Une chose est certaine, c'est que cet homme a rendu une fière chandelle à la chimie et à l' humanité. Bien sûr, le fluor en grande quantité peut être un poison, mais de nos jours, on ne pourrait s'imaginer une journée sans lui.
Expérience du 28 juin 1886
Il soumit à l'électrolyse un échantillon d'acide fluorhydrique dans un tube en U de platine, sous un courant électrique d'une pile de 50 éléments Bunsen, à une température de -50 °C. Il se dégagea de l'hydrogène au pôle négatif et au pôle positif, un gaz inconnu ayant les propriétés suivantes :
-en présence de mercure, il y a absorption complète et formation de protofluorure de mercure;Expérience du 19 juillet 1886
- en contact avec l'eau, l'acide fluorhydrique se décompose et on assiste à une formation d'ozone;
- le phosphore s'enflamme en présence de ce gaz;
- le souffre s'échauffe et fond rapidement;
- le chlorure de potassium fondu est attaqué, ce qui entraîne un dégagement de chlore;
- le sillicium cristalisé (lavé à l'acide azotique et à l'acide fluorhydrique) prend en feu et brûle avec éclat;
- l'électrode de platine est fortement rongée par ce gaz.
Pour la troisième expérience, Moissan utilisa un nouveau procédé de préparation de ce gaz inconnu : l'électrolyse du fluorhydrate de fluorure de potassium (séché avec le plus grand soin et maintenu à une température de 110 °C). Il a dû arrêter son expérience, car le gaz recueilli rongeait son équipement. Comment prouver que ce gaz n'était pas simplement un perfluorure d'hydrogène? Pour en faire la preuve, il suffisait de prouver que le gaz ne contenait pas d'hydrogène. Pour ce faire, il fit passer ce même gaz sur du fer maintenu au rouge. Si c'était bien du fluor, le gaz serait entièrement absorbé, mais si au contraire, c'était du perfluorure d'hydrogène, l'hydrogène serait libéré et on pourrait le recueillir dans une atmosphère d'acide carbonique. C'est ce que Moissan fit. Dans son expérience, le poids du fer avait augmenté de 0,130 g; le gaz venant du pôle négatif contenait 78 cc d'hydrogène. L'appareil rempli d'acide carbonique, placé au pôle positif, n'avait laissé comme résidu, que 10,2 cc d'un gaz incombustible renfermant 1/5 d'oxygène. En résumé, le gaz actif privé d'acide fluorhydrique par le fluorure de potassium avait été entièrement absorbé par le fer, en donnant un poids de fluorure de fer correspondant au poids de l'hydrogène dégagé. Le gaz qui se dégage de l'électrolyse de l'acide fluorhydrique anhydre ou du fluorhydrate de fluorure est bel et bien du fluor. C'est ainsi qu'Henri Moissan a réussi à isoler le fluor .

Le fluor ne date pas d'hier. D'après certains archéologues, il faudrait remonter à l'origine des plantes et des hommes. Cependant, jusqu'à tout récemment, la présence du fluor était seulement associée aux volcans et aux eaux naturellement fluorées.
Lors de l'industrialisation de plusieurs pays, ces pays développèrent une maladie des dents, les enfants, surtout, souffraient de dents crayeuses; plus tard, on lui donna le nom de fluorose dentaire. Les déchets des industries, dont le fluor, étaient rejettés dans les cours d'eau et consommés quotidiennement par les habitants. C'est en 1931 que l'on comprit que le fluor nuisait à la calcification de la dent durant le processus de sa formation. Ainsi, la dent, en plus d'être généralement décolorée et affreuse en apparence, est structurellement faible et se détériore tôt dans la vie. À la suite d'une étude, le service de la santé publique des États-Unis fixa à 0,0001 %, ce qui égale 1,0 ppm, la tolérance maximale de fluor dans l'eau de consommation. S'il en existait davantage, la ville aurait à trouver une autre source d'approvisionnement en eau.
Les industries responsables de la fluoration des eaux étaient en pleine croissance : les mines de cryolithe (NaAlF2), industries de fer et d'aluminium, bauxite, des fonderies. De plus, en 1942, une nouvelle source de pollution s'ajoute, l'industrie du pétrole, celle-ci utilise l'acide sulfurique, (le fluorure d'hydrogène) comme agent d'alkylation dans la production d'essence. En même temps, dans la même ville, on rapporte un nuage en suspension au-dessus de la ville qui cause une irritation des yeux.
En 1931, 1,0 ppm de fluor dans l'eau potable est devenu sans danger. De plus, certaines villes voulaient même ajouter du fluor dans leur eau destinée à leur consommation. Les gens savaient qu'une intoxication au fluor était dangereuse, mais ils savaient aussi que le fluor retardait légèrement la formation de la carie.
Malheureusement, encore aujourd'hui, l'Amérique du Nord souffre toujours de problèmes de fluor laissés par nos ancêtres. Nous sommes capables d'utiliser le fluor à notre avantage, mais il existera toujours un risque.
Certains composés du fluor sont aussi utilisés comme fluides frigorigènes dans nos réfrigérateurs; d'autres constituent les gaz propulseurs des bombes aréosols et peuvent détruire la couche d'ozone. Les CFC (chlorofluorocarbones) sont les principaux ennemis de la couche d'ozone qui nous protège si bien.
École Nationale Supérieure de Chimie de Paris. (Page consultée le 30 janvier 1997). Henri Moissan, [En ligne]. Adresse URL : http://www.enscp.jussieu.fr/expo/moissan.html
Université Laval, Département de Chimie. (Page consultée le 6 février 1997). Grands Chimistes - MOISSAN (Henri), [En ligne]. Adresse URL : http://www.chm.ulaval.ca/gchimistes/moissan.html
The Nobel Foundation. (Page consultée le 22 avril 1997). The Nobel Prize in Chemistry 1906, [en ligne]. Adresse URL : http://www.nobel.ki.se/laureates/chemistry-1906.html
Recherche : Jean Charpentier et Simon Jacques, Centre Le Goéland, Sherbrooke, QC
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