Nous vivons à une époque où les gens consomment à un rythme infernal. Nous sommes envahis de publicités qui nous persuadent de combler des besoins superficiels et inventés de toutes pièces. Les gens achètent des vêtements, des meubles, de la nourriture préemballée, des voitures supraperformantes ainsi que des maisons qui surexploitent les matières premières et gaspillent l'énergie. Et puis, vient le temps de remplacer ces choses trop vieilles par des plus récentes, car elles ne sont plus à la mode, deviennent désuètes, se brisent et ainsi de suite. En somme, lorsque nous ressentons de l'insatisfaction par rapport à nos achats, nous nous empressons de tout jeter, pour ensuite tout racheter. Ces biens deviennent des déchets et ces déchets remplissent d'énormes camions des vidanges de millions de personnes chaque semaine. Mais après, où vont tous ces déchets? Les sites d'enfouissement sont les endroits où tous les déchets ménagers et industriels sont déposés après avoir été ramassés par camion. Les déchets s'accumulent avec le temps, prennent de l'espace et ne sont d'aucune utilité. Les sites d'enfouissement regorgent de déchets qui produisent des gaz toxiques, polluant les alentours et incommodant même les habitants qui sont à proximité des sites. Saviez-vous que ces sites produisent d'énormes quantités de biogaz qu'on pourrait transformer en énergie?
Dans
cette recherche, nous allons traiter de ces endroits et de leurs multiples
utilités. Ils se nomment sites d'enfouissement. Ces sites sont composés
de toutes sortes de déchets ménagers et industriels, comme par
exemple : les ordures ménagères, le bois et les métaux
de construction, les pneus usés, les pièces mécaniques,
les textiles (tissus, tapis), le plastique mou, la tourbe, les feuilles mortes,
la terre contaminée. Par contre, on ne peut tout jeter dans ces dépotoirs.
Les huiles usées, la peinture, les solvants, les produits chimiques,
médicaux et radioactifs et les carcasses d'automobiles par exemple
sont défendus dans les dépotoirs normaux. On compte 62 sites
d'enfouissement au Québec et pour vous donner une idée, en 1998,
4 235 000 tonnes métriques de déchets y ont été
déposées. Et de tous ces sites d'enfouissement s'échappent
des quantités astronomiques de "biogaz"!
Ces biogaz proviennent de la fermentation anaérobique (en absence d'oxygène) de déchets qui forme un mélange de gaz appelé le biogaz, et c'est ce que nous appelons la méthanisation. Ce procédé est connu depuis un siècle, il est utilisé afin de diminuer les boues des stations d'épuration des villes. La méthanisation est maintenant aussi utilisée pour éliminer les déchets organiques ménagers. Certains s'en servent comme forme d'énergie. Le biogaz est composé de 50 à 90 % de méthane (CH4), gaz incolore et hautement explosif, de 10 à 40 % de gaz carbonique (CO2) et d'une partie infime (0,1 %) d'hydrogène sulfuré (H2S), avec aussi des métaux, des siloxanes et des organochlorés.
Le biogaz,
une source d'énergie renouvelable, se recueille dans certains sites
d'enfouissement au moyen de ce qu'on appelle des puits de captage. Ces puits
sont composés de tuyaux perforés faits en polyéthylène,
rejoignant une profondeur d'environ 60 mètres. Les tuyaux sont entourés
d'un mètre de gravier permettant une meilleure captation du biogaz
contenu dans le site d'enfouissement. Tous les méthaniseurs ne décomposent
pas la matière à la même température et on connaît
deux types de méthanisation: la méthanisation naturelle des
déchets dans les décharges et la méthanisation volontaire.
Il existe trois méthodes de méthanisation volontaire: le psychrophile
qui chauffe lentement de 15 à 25 oC les déchets (il
est donc le moins rentable puisqu'il a besoin de plus de temps pour produire
le biogaz), le mésophile qui chauffe de 25 à 45 oC
(celui-ci peut être comparé à un intestin) et le thermophile
qui lui chauffe aux alentours de 55 à 60 oC (mais pas à
plus de 60 oC).
Le biogaz est de l'énergie combustible dont la valeur énergétique
se compte en PCI (le Pouvoir Calorifique Inférieur). C'est la quantité
de chaleur produite par la combustion. Par exemple, le PCI du biogaz équivaut
à 9,42 x 0,7 = 6,59 kwh/m3 pour un biogaz à 70 % de méthane,
à 15 oC et à pression atmosphérique normale
(1 m³ de méthane équivaut à un litre d'essence).
Les scientifiques s'entendent sur le fait que le méthane pollue beaucoup moins que l'essence et le pétrole, car le CH4 est l'hydrocarbure qui possède la plus courte chaîne de carbone. À la différence du carburant pétrolier, sa combustion réduit de 65 % la production de monoxyde de carbone et de 30 % celle des oxydes d'azote. On utilise le biogaz comme combustible dans les industries afin de faire tourner des turbines à vapeur et à gaz, des moteurs, ainsi que des microturbines. Aujourd'hui dans le monde, beaucoup de véhicules fonctionnent grâce à un carburant à base de méthane. Ces voitures polluent beaucoup moins que les véhicules fonctionnant au pétrole! Avec les biogaz, nous pourrons un jour fournir de l'électricité à des milliers de gens à des tarifs moindres que ce qu'il en coûte présentement. Plusieurs projets se développent dans les pays du tiers monde afin d'utiliser ce type d'énergie. Au Canada, plus précisément en Ontario, quatre projets sont en cours pour utiliser les biogaz de divers sites d'enfouissement. Par contre, les biogaz engendrent plusieurs effets négatifs car nous les laissons s'échapper librement dans l'air... Le biogaz est composé en grande partie de méthane, un gaz à effet de serre qui est vingt-cinq fois plus puissant que le dioxyde de carbone (CO2). Il est donc d'une importance primordiale de s'assurer de bien contenir ce gaz toxique, sinon c'est la couche d'ozone qui en souffrira.
En conclusion, les dépotoirs produisent des biogaz qui polluent, mais qui pourraient être utilisés comme une source d'énergie très rentable et beaucoup moins polluante que d'autres gaz connus. Cela amènerait nombre d'avantages à exploiter les problèmes de pollution que causent les sites d'enfouissement. Pouvez-vous imaginer un jour faire fonctionner une ville entière d'une manière plus écologique? Les biogaz seront-ils l'une des principales sources d'énergie du futur? Et peut-être pourrons-nous ainsi réduire l'effet de serre, intelligemment
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